Le Marché de Noël d’Obernai

La Place du Marché

Ils sont près d’une quarantaine d’exposants à Obernai pour l’édition 2021 du Marché de Noël. Engagés pour 44 jours de présence théorique, leur sort est suspendu à l’évolution de la pandémie. Rencontre avec quelques-uns de leurs acteurs.

Accès au Marché entre le parking des Remparts et la Place André Neher

En 1992, Strasbourg se proclame « Capitale de Noël » avec, dans son sillage, de nombreuses communes dont Obernai. En 1999, pour se démarquer, celle-ci lance le « Marché de Noël de la gastronomie ». À l’origine, il n’y a que cinq chalets. En 2021, ils sont près de 40.


Isabelle, de l’Office du Tourisme, s’active, avec ses collègues, à faire de ce Marché une réussite

Isabelle de l’Office du Tourisme m’accueille. Pour construire un tel événement, malgré des années d’expérience, il faut beaucoup de temps et de disponibilité. Résoudre chaque aspect dans les moindres détails demande patience, ténacité et savoir-faire. Isabelle explique : « L’organisation logistique du Marché de Noël est portée par les six membres de l’équipe ; elle commence dès le printemps. En août, l’organisation commence et le sujet devient quasi quotidien dès septembre et mobilise chacun intensément. » Elle ajoute avec un sourire : « Certains parlent du « cauchemar » de Noël parce que parfois, c’est un casse-tête. »

Vue de l’hôtel de Ville et du Beffroi prise rue du Chanoine Gyss

Cette édition 2021, remodelée par le covid, s’inspire de celle de 2019, une année de référence, un « Marché idéal dont tout le monde était content »  dit Isabelle : « Plus de 25 messages de félicitations avaient été adressés à la mairie. »

Habituellement établi pour 38 jours en moyenne, le Marché de Noël d’Obernai 2021 est prévu pour 44 jours. Une durée déterminée par un sondage motivé par une volonté politique. « Les gens étaient chauds bouillants, ils n’attendaient que ça » précise Isabelle Eber de l’Office du Tourisme d’Obernai.


Les trente-sept employés du Pôle Logistique et Technique installent le Marché de Noël selon la charte formelle définie par la Ville : une décoration authentique et naturelle, dans l’esprit d’autrefois. « Les gens qui viennent sont séduits par le caractère convivial et authentique des placettes du village, avec des produits locaux » commente Isabelle de l’Office du Tourisme.

De fait, les 2,5 km de guirlande luciole autour du sapin sont à leds blancs chauds ; tout comme la dizaine de kilomètres ornant chalets et ilots. Leur installation prend environ 5 semaines.


Les guirlandes de sapin accrochées à l’Office du Tourisme, sur les chalets et les traversées de rue, sont ficelées à la machine et à la main deux semaines durant. Il faut 3 camionnettes de 21 m3 pour acheminer les branches. Elles sont prélevées par l’ONF sur des arbres malades. Le sapin de la place centrale est commandé à un marchand local. Les exposants et la Ville groupent leurs achats pour la décoration des stands.


Le stock de maisonnettes appartient à Obernai qui les loue aux exposants. Pour Élodie du Pôle Logistique et Technique, « C’est amusant de les voir arriver sur les camions, on dirait un cortège d’escargots. »

Le montage commence dès la 3e semaine d’octobre avec les traversées de rue et dure plusieurs semaines. Le démontage dure trois à quatre jours, la vérification et le rangement du matériel, deux semaines.

La Ville d’Obernai ne dispose pas des chiffres de fréquentation du Marché de Noël, seulement du nombre de visiteurs à l’OT. Ce qui n’est pas significatif : les gens utilisent de plus en plus internet. Selon Isabelle, « c’est presque le marathon de Noël »  : les visiteurs ne restent pas toute la journée, visitant plusieurs marchés par jour. L’objectif est de les faire circuler dans le centre d’Obernai.


Le Marché de Noël est géré par la Ville comme un marché standard, à ceci près qu’il est ouvert sept jours sur sept. Une opportunité autant qu’une difficulté pour les exposants : il faut assurer en ressources humaines et en stock utile pour toute sa durée. Un challenge pour les candidats, particulièrement les petits artisans. Cependant, chaque année, les dossiers de candidature sont nombreux, associations caritatives comprises, pour se succéder dans un chalet dédié.

Avec la pandémie, le recrutement de bénévoles se complique : certains ne disposent pas du pass sanitaire, une obligation en divers endroits, comme l’église, temporairement transformée en lieu culturel. 

Place du Marché

Tous les week-ends, des animations de rue ont lieu, réalisées par des artistes indépendants. Etienne Brandt, accompagnateur de montagne le restant de l’année, encadre des comédiens bénévoles, pour un spectacle en déambulation dont les répétitions commencent dès septembre : la Brocante d’histoires.

La fanfare de rue les Pockitones

Ari visite Obernai en 2005 et tombe amoureux de la Ville. Architecte de métier, il s’organise : décembre est une période creuse dans son métier. Il prend un mois de vacances pour venir vendre les créations de plusieurs petits artisans alsaciens. « Au début, ça me payait juste l’hôtel ; maintenant je dégage un petit bénéfice. »

« J’adore l’Alsace et les pays nordiques. Je viens aussi en Alsace en été : ce qui me plait c’est que c’est une ville (Obernai) qui a gardé l’esprit village, je trouve que c’est magique. Chez moi ça se veut moderne avec des lumières bleues. Je me suis lié d’amitié avec les artisans et les artisanes que je représente ici. Les gens aiment que ce soit fait à la main. »

Ari à gauche, Matthieu à droite

Anne, verrière, est présente depuis 2016 sur la Place André Néher. Elle participe aussi à BiObernai, l’autre grosse manifestation de la Ville. « Je suis très contente, c’est de mieux en mieux chaque année. Je retrouve les « collègues ». Les exposants ont une bonne ambiance entre eux, un esprit de solidarité. Ça crée des liens conviviaux en dehors du Marché, le reste de l’année. Il crée de l’émerveillement. C’est un vrai plaisir d’être là, même au-delà de la question financière. »


Un avis que partage Isabelle, vendeuse sur le stand d’un producteur piscicole Place du Beffroi. « J’adore mon patron, j’ai beaucoup d’affinité avec lui. J’ai un autre boulot sympa qui me laisse prendre un mois de vacances. Ça fait 13 ans que je viens, je connais presque tout le monde. On boit des coups ensemble, on se voit toute l’année, on garde le contact via les réseaux sociaux. C’est un petit marché sympa, convivial. »


Son voisin, Jean Claude vient de la Seine sur Mer qui a un partenariat avec l’Office du Tourisme d’Obernai. Équipé de ses outils, girafe et hachoir, il achète les ingrédients en Alsace et les transforme sur place : Il faut fabriquer ses produits, être petit artisan pour être au Marché de Noël. « J’adore l’Alsace ; j’étais jamais venu avant. Je participe depuis cinq ans. 


Margot reprend la ferme fruitière de montagne spécialisée dans les petits fruits en agriculture biologique d’un des exposants historiques du Marché de Noël sur la place centrale, Jean-Pierre. « Ce que j’aime, c’est de cultiver le petit fruit bio en montagne. Je travaille sur de petites parcelles isolées, c’est très difficile. Le Marché de Noël, ça vaut la peine. Je vais voir si, à long terme, c’est possible de gérer activité et vie de famille. »


En face, Christian vend, en bocaux, les recettes de saumure de sa grand-mère. Cela fait six ans qu’il est présent avec un seul type de produit arrivé troisième au Salon de l’agriculture. « Je suis attaché au lieu : j’habite à côté. On se connaît tous (les exposants). J’ai ma clientèle ici. On reste six semaines et on ne les voit pas passer. Faut venir les jeudis, on se fait des gueuletons. »


Malgré les contraintes, les visiteurs se pressent, respectant les consignes sanitaires. Chaque jour qui passe est un jour de gagné pour eux comme pour les exposants. Tout peut s’arrêter.


Entre les effluves de vin chaud, d’épices, de marrons chauds, le plaisir de la petite restauration et les manèges, il y a de quoi passer un bon moment en oubliant (un peu) la pandémie.


Les enfants peuvent jeter un oeil dans le chalet du Père Noël et lui écrire, voire le rencontrer, quand il n’est pas à son atelier.


Gageons que tout se sera bien passé pour les exposants d’Obernai comme pour ceux de tous les Marchés de Noël de cette année, en regard des efforts consentis. L’organisation du Marché d’Obernai est, quoiqu’il en soit, une réussite.

Merci à Isabelle, à l’Office du Tourisme d’Obernai, à Élodie du Pôle Logistique et aux exposants.

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