Les vergers conservatoires

L’arboriculture fruitière naît avec les premières civilisations : la lente croissance des arbres impose d’être sédentaire pour récolter des fruits. Dès la plus haute antiquité, les premiers peuples installés en Mésopotamie, en Égypte ou en Asie, développent et maîtrisent greffe, bouturage, taille, pollinisation artificielle et irrigation, façonnant le paysage en créant des vergers.

Graines voyageuses

Le commerce, les guerres invasives, les explorations favorisent la découverte et l’échange des nouvelles plantes. Graines et arbres voyagent ainsi, parfois très loin. On les acclimate avec tant de succès qu’ils semblent pour certains, des siècles plus tard, avoir toujours été là. En Europe, ils sont cultivés dans les monastères et chez les nobles qui s’enorgueillissent de servir ces fruits à leurs tables. Le petit peuple les connaît, et en goûte certains.

Les cultivars, plantes cultivées créées artificiellement par sélections successives de caractéristiques botaniques, arrivent au XVe siècle sur le continent américain avec les colons, créant un important brassage génétique végétal. Certaines espèces sauvages locales, proches des variétés importées, facilitent la greffe et permettent de reproduire les fruits de part et d’autre de l’Atlantique. Face à cette pratique, quatre cents ans plus tard, une prise de conscience collective s’éveille à la préservation des végétaux.

Trésor du vivant

Les vergers conservatoires, apparus au XIXe siècle, sont de précieuses collections d’arbres fruitiers. Hérités ou récemment créés, mémoires d’un riche patrimoine arboricole, ces lieux préservent la biodiversité et maintiennent une identité paysagère locale quasi disparue. Ils assurent la pérennité de variétés fruitières locales et offrent un espace de sauvegarde pour la faune et la flore.

Les couronnes des arbres, les cavités dans les troncs, l’herbage, les bois morts etc. des vergers haute-tige sont autant de refuges pour la faune : pic vert, le pic épeiche, les mésanges, les rouge-queues à front blanc, les huppes fasciées, les chevêches d’Athéna, les torcols familiers, le chardonneret élégant, le serin cini, la pie grièche à tête rousse, les chauve-souris arboricoles, les grimpereaux des jardins, les insectes, les araignées, les myriapodes… Un verger haute-tige de 300 arbres assure la présence d’un biotope complet.

Beaux à croquer

Grâce aux associations de bénévoles, qui souvent les entretiennent, et au soutien des pouvoirs publics, plusieurs de ces vergers ont vu le jour. On y partage passion et savoir-faire avec le public lors de manifestations annuelles telles que visites, enseignements pratiques, animations ou dégustations. La liste ci-dessous permet d’en découvrir quelques-uns.

Dans le Bas-Rhin :

Dans le Haut-Rhin :

On peut également se rapprocher des fédérations de producteurs de fruits du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

Dans les Vosges :

Pour aller plus loin

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