Parcours baroque

Entre les XVIIe et XVIIIe siècle, un style nouveau s’impose, contrastant avec les canons de beauté de la Renaissance. En opposition à la régularité du Quattrocento et de la Renaissance, il affiche une opulence marquée par la richesse excessive des ornements. Initialement péjoratif, le terme baroque désigne quelque chose d’irrégulier, de tordu, de dissonant. L’historien d’art Heinrich Wölfflin le théorise en 1888 dans son ouvrage « Baroque et Renaissance ».

Le Baroque

Les peintres Rembrandt, Caravage, Quentin de La Tour, Rubens, Vermeer ou Vélasquez, animent leurs toiles de sujets dramatiques. Les tableaux, tels des instantanés, fixent l’intensité d’une scène dans l’instant, usant du clair-obscur, de contrastes appuyés ou de torsions. La sculpture, fusionnant avec l’architecture, complète ce mouvement en en parant les édifices monumentaux de riches ornements.

Le Baroque pour lequel trop n’est pas assez, nait dans les courbes, les déformations et les couleurs acides du Maniérisme puis se prolonge dans les styles Rocaille et Rococo avant de se consumer dans le feu de la passion du Romantisme.

Le Baroque sert l’aristocratie, mettant en scène sa puissance, sa richesse et son pouvoir. L’Église catholique l’utilise pour se démarquer de l’austérité formelle des édifices protestants.

Abbatiale Saint Cyriaque – Altorf

En Alsace

Peter Thumb (1681 Bezau-1766 Constance) est un architecte autrichien dont les réalisations, essentiellement religieuses, se répartissent entre l’Allemagne, la France et la Suisse. Il laisse son empreinte dans la tour de l’église catholique Saint-Martin d’Erstein, des choeur et transept de l’abbatiale Saint Cyriaque à Altorf et de la reconstruction des abbaye et église Saint Maurice d’Ebersmunster et de l’abbaye Saint Léger de Murbach dont il est l’auteur. Ces bâtiments représentatifs du style présentent souvent un extérieur monumental mais sobre, et un intérieur chargé d’abondants décors sculptés, peints ou dorés.

Johann Wilhelm Baur (Strasbourg 1607- Vienne 1640) est un peintre graveur allemand. Dessinateur de qualité, ses oeuvres sont appréciées de ses contemporains européens qui les collectionnent. Ses riches mécènes l’appellent à Stuttgart, Naples, Rome et Vienne où il s’établit. Le Cabinet des estampes et le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg conservent quelques miniatures et un livre de dessins. Son imprégnation des courants étrangers lui permet de synthétiser tous les éléments stylistiques qui donneront naissance au Baroque.

Le comte Jean de Nassau hérite de son père le domaine d’Idstein comprenant terres et château. Contraint de l’abandonner par la Guerre de Trente ans, il se réfugie à Strasbourg où il rencontre Johann Walter (1604-1676) peintre et dessinateur strasbourgeois. Jean de Nassau collectionne alors toiles de maîtres et curiosités naturelles. À son retour à Idstein, devant sa propriété dévastée, le comte décide d’y créer un jardin remarquable, riche de plantes rares et dont il veut conserver le souvenir. Johann Walter y vient à huit reprises pour en immortaliser toutes le beautés dans un recueil de 54 planches intitulé le Florilège. La BnF de Paris en conserve un exemplaire au département des Estampes, le Victoria and Albert Museum, un second à Londres. Pour en apprendre davantage :

Le Florilège de Nassau-Idstein

À voir

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