L’eau de source Celtic – Bas-Rhin

Née dans le coeur du Parc Régional Naturel des Vosges du Nord, filtrée par les roches, l’eau minérale « Celtic » est d’une douceur et d’une pureté rares. Située à l’entrée nord de la ville thermale de Niederbronn-les-bains, la société 100% alsacienne, portée par la famille Meckert, emploie actuellement une vingtaine de salariés.

Qui est Liese ?

Sur le Wintersberg, à 580 mètres d’altitude, à côté du Chalet du Club vosgien, on trouve un bloc de grès d’environ 3 mètres de long sur 2 mètres de haut. Il est gravé de différents signes et une silhouette de femme assise y est sculptée.

Selon le chercheur Charles Mathis de Niederbronn-les-Bains, on serait venu y prier Astarté, une des déesses primaires de la fécondité et de l’amour, en des temps anciens. Un rituel utilisant ce type pierre dressée y prenait place. Il consiste, pour les femmes en mal d’enfanter ou souhaitant se marier, à s’y laisser glisser nues sur toute la hauteur du rocher. On trouve encore aujourd’hui des offrandes au pied du monolithe : nourriture, fleurs…

Ces pierres à glissades, « Rutschfelsen », sont les pendants des « Puppelstein », pierres à bébés d’où, disait-on, les sages-femmes rapportaient les nouveaux -nés.

Selon M. Voulot pratiquant des fouilles au XIXe siècle, le menhir aurait servi de lieu de crémation : au temps des Romains, les défunts y auraient été brûlés dans un creux au sommet de la roche et les cendres – il en aurait retrouvé 12 mètres cubes ainsi que des fragments de chêne -, enterrées alentours.

Couchée au pied du monolithe dressé, une autre pierre creusée d’une cupule recevait l’eau ruisselant de la déesse. Les pierres à « cupules » – petits creux de la pierre semblables à des coupes – retiennent les eaux de pluie, eaux divines qui n’ont pas touché le sol. Il se dit qu’on y faisait aussi macérer des plantes médicinales ou tremper les vêtements de personnes malades afin de les purifier.

Les lettres « IZI » et la silhouette féminine gravées dans le bloc seraient les traces d’un ancien culte à Isis – divinité égyptienne des morts dont certaines attributions rejoignent aussi celles d’Astarté – que les Romains pratiquaient également, par assimilation. Leur présence sur le territoire est attestée par plusieurs vestiges.

Quand en 541 ap. J.C., le 4e concile d’Orléans luttant contre le paganisme, punit de mort toute pratique de culte païen, les pierres sacrées païennes sont désignées par l’Église comme « Hexenstein », « pierres de sorcières ».

En 1888, Louis Christman photographie la pierre. Son cliché la montre avant l’intervention d’un sculpteur qui la transforme dans les années 1970.

De l’Histoire à la légende

D’Isis à la Liese, il n’y a qu’un pas auxquelles conduisent les déformations de langage et la tradition orale. Ainsi naissent les légendes. Voici les plus connues :

  • Un légionnaire romain envoyé en Égypte s’éprend d’une égyptienne qu’il épouse. Ils ont une fille, Isis. Ses parents morts, Isis suit son compagnon jusqu’en Alsace. Mais Isis est nostalgique et finit par y retourner, seule. Son compagnon sculpte son visage dans un rocher du Wintersberg.
  • Le mal du pays et la carence en soleil rendent Isis malade qui cherche de l’eau dans une source dite la source du Nil. Recueillie par des voisins dont elle garde les chèvres, elle est repérée par un jeune chasseur de Dambach Neunhoffen qui s’prend d’elle. À sa mort, il grave son visage dans une roche du Wintersberg à côté de son chalet.
  • Un jeune noble aime Liese, rousse aux yeux bleus. Mais Liese aime un artisan. Le noble jaloux tue son concurrent en le jetant dans un puits. Liese en meurt de chagrin.
  • Un berger, qui conduit son troupeau dans la forêt, s’éprend de Liese. Tout l’été, il grave son visage dans la pierre pour s’en souvenir éternellement.

Les eaux romaines

Niederbronn vient des mots « Nieder », « bas, en bas » et « Burne «, « fontaine, puits «. La ville prend son nom définitif au IXe siècle ap. J.C.. Dix-sept sources traversent le sous-sol de la ville et ses environs.

En 1592, le comte Philippe V de Hanau-Lichtenberg fait nettoyer les sources de Niederbronn-les-Bains dont on extrait plus de 300 pièces de monnaies romaines datant des Ier au Ve siècle ap. J.-C., jetées par les curistes Romains en offrande aux dieux pour les remercier de leur guérison.

La source romaine thermale jaillit au cœur de Niederbronn-les-Bains. Chlorurée, sodique et carbo-gazeuse, elle aide à soigner rhumatismes et traumatismes. Un établissement de cure propose des soins dans un cadre thérapeutique sur prescription médicale ou des prestations apportant détente et bien-être.

Un arrêté d’autorisation d’exploiter impose un avis médical préalable pour les cures de boissons de l’eau de la source romaine compte tenu de sa composition en principe non potable. C’est pourquoi la commune est tenue d’en limiter l’accès. En août 2008, les travaux de modernisation du casino Barrière situé en face des Thermes permettent de protéger l’accès à la source, valorisée par une installation artistique.

Celtic, de source sûre

Puisée dans un forage à quarante-cinq mètres de profondeur dans le parc naturel des Vosges du Nord – réserve de biosphère classée au Patrimoine mondial par l’Unesco -, l’eau Celtic filtrée lors de son parcours à travers les roches de grès restitue une eau la moins minéralisée de France. D’une pureté exceptionnelle, agréée par le ministère de la santé, elle est recommandée pour les femmes enceintes et la préparation des biberons des jeunes enfants.

Cette « Nierewasser », « eau des reins », est aussi réputée aider à lutter contre les affections rénales – goutte, calculs -, l’hypertension, les problèmes vasculaires. Son action diurétique élimine les toxines et désengorge le foie. Elle est idéale pour les personnes en surpoids.

Cette source fait partie du plan Orsec – Organisation de la réponse de sécurité civile – : Celtic doit, en cas de catastrophe – tremblement de terre ou pollution des réseaux – livrer en deux heures 400 000 bouteilles à la population.

Eau de source ou eau minérale ?

Les eaux de source et minérales proviennent toutes les deux de sources souterraines.

Les eaux minérales naturelles sont indemnes de toute pollution, ne nécessitent aucun traitement d’assainissement et leurs propriétés restent stables à travers les décennies ; en outre elles possèdent des composants bienfaisants pour notre organisme.

Les eaux de source sont naturellement potables mais leur composition minérale varie dans le temps en fonction de différents facteurs.

Moins une eau est minéralisée, mieux elle circule dans notre corps. Il faut limiter ou varier la consommation de certaines eaux très chargées en minéraux pour ne pas épuiser l’organisme. En cas de doute, veuillez prendre conseil auprès de votre médecin.

Le marché de l’eau

Trois groupes détiennent l’essentiel des eaux embouteillées françaises : Nestlé, Danone et Castel.

Leurs petits et moyens concurrents produisent de plus faibles volumes dont la vente est souvent locale. Pour vivre, ces sociétés optent pour un positionnement de niche ou à l’exportation. Leur communication et un marketing plus discrets leurs permettent de proposer aux grandes et moyennes surfaces des marges commerciales plus intéressantes. C’est pourquoi ces eaux sont souvent moins chères voire discount, mais de qualité égale à celles des marques nationales. Ces marques régionales, plus proches du territoire et des consommateurs, connaissent un nouveau plébiscite de la part des clients.

Pour percer, le prix ne suffit plus, les marques s’inscrivent dans une logique de développement et de diversification des gammes et des marchés.

Celtic

En 1966, la ville de Niederbronn-les-Bains effectue une demande d’autorisation d’exploitation des sources d’eau potable. Elle obtient un agrément quasiment vingt ans plus tard. Créée en 1985, l’entreprise Celtic se positionne sur un marché discount qui lui coûte sa faillite. Elle est reprise en 1999 par Edouard Meckert qui dépose immédiatement une nouvelle demande d’agrément pour un nouveau forage obtenu le 26 mai 2004, par un arrêté ministériel.

L’eau embouteillée par la SA « La Source » appelée « Celtic » ou « La Liese » est désormais captée à 45 mètres de profondeur à proximité de l’usine. La source initiale se trouve à la sortie nord de la ville, à la lisière de la forêt où, jusqu’en 2004 elle émergeait. De Lichteneck, on la connait désormais sous le nom « source celtique ».

Des équipements modernisés

Une nouvelle ligne d’embouteillage automatisée – un investissement de 3 millions d’euros sur deux ans, sur 4 millions d’euros de chiffre d’affaire -, renforce l’ancienne qui traitait simultanément les contenants en verre et en plastique.

Construite par la société Kosme, du groupe allemand Krones, le numéro 1 mondial du secteur, sa qualité permet d’augmenter la production tout en baissant d’un quart sa consommation énergétique et l’émission de CO2, inscrivant Celtic dans une démarche de développement durable.

Cette nouvelle chaîne produit par heure 120 000 bouteilles en plastique rPET, qui ne comporte ni bisphénol A, ni phtalates, 100% recyclé et 100% recyclable. Pionnière dans l’utilisation de plastique recyclé, Celtic cherche des solutions pour en augmenter la quantité. Cet équipement réduit de 20% la masse de plastique mise en œuvre pour la préforme, sorte de tube à essai chauffé et soufflé en forme de bouteille.

Dans les années 90, le PVC est identifié comme très polluant et interdit dans plusieurs pays européens. Les entreprises françaises d’embouteillage d’eau de source doivent alors, pour pourvoir continuer à exporter, s’adapter en usant davantage de PET. Une démarche difficile : elles maîtrisent parfaitement le PVC peu cher et facilement recyclable ; investir dans une nouvelle chaîne est très coûteux. Mais le PET offre aussi de nombreux avantage : il est solide – il résiste aux chocs et aux déchirures- et transparent comme du verre. Il se compacte, se recycle et ne dégage pas d’acide chlorhydrique en brûlant.

L’ancienne ligne d’embouteillage de Celtic est désormais exclusivement consacrée aux bouteilles en verre empaquetées dans du carton, recyclable. Si le réseau de consigne a été abandonné en France par les autorités compétentes pour les particuliers, il fonctionne toujours dans les cafés, hôtels et restaurants, par le biais des grossistes et des distributeurs. Il est parfois pris en charge par des associations.

La gamme

L’eau minérale Celtic est commercialisée sous son nom ou sous l’appellation « Eau minérale des Vosges du Nord « déclinée en eau plate et eau gazéifiée à l’aide d’un gaz naturel provenant d’un gisement allemand voisin.

L’entreprise propose aussi des bonbonnes d’eau plébiscitées par les entreprises et les particuliers. Son mouleur lui permet de réaliser des bouteilles aux design et aux étiquettes personnalisées.

Partenaire d’Argasol l’eau Celtic entre dans la réalisation de leurs savons. Elle est également présente dans les brumiseurs de la société lorraine Élysées Cosmétiques – le mot brumisateur est un terme déposé par des concurrents -.

Distribution

La gamme Celtic se trouve dans les petites, moyennes et grandes surface, ainsi que dans les magasins bio en France.

La marque exporte 70% de sa production : Allemagne, Corée du Sud, Chine, Pays du golfe, dans des supermarchés de luxe en Russie, magasins bio aux États-Unis…

On la trouve en restauration collective.

Celtic travaille avec l’armée française et le contingent de l’armée américaine basé en Allemagne.

Enfin elle accompagne de multiples séminaires et évènements, embouteillées et étiquetée aux couleurs des sociétés commanditaires – Bugatti, Cartier, Art Basel… -.

Engagée

Un projet de gamme bio est à l’étude en partenariat avec des producteurs locaux.

Celtic s’implique dans des actions solidaires telles qu’une campagne de diffusion de CV de demandeurs d’emploi sur les plastiques des packs de bouteilles, le financement de la construction d’un puits au Burkina Faso via une organisation non gouvernementale. Pendant le confinement lié à la COVID-19, Celtic a rejoint le collectif d’entreprises alsaciennes mobilisées* – * Jacques Meyer responsable des salons professionnels auprès de la Chambre de commerce et d’industrie, la distillerie Meyer’s du val de Villé, la société Coiffance et Lilly France – pour produire une solution hydro-alcoolique à destination des hôpitaux, EHPAD, crèches, centres médicaux-sociaux et centres médicaux spécialisés de la région ainsi qu’à Médecins du monde.

Infos pratiques

Celtic 58 Route de Bitche, 67110 Niederbronn-les-Bains 03 88 80 38 39

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