Anny – Mannheim – 1922

Cette image est un portrait en médaillon ovale. À l’origine c’est une carte postale-photo. L’image a été découpée puis collée dans un album avant d’en être arrachée, sans doute par le vendeur.

Elle est datée de 1922. Anny de Mannheim l’envoie en souvenir à son amie. Pas plus d’informations : le texte est tronqué par le découpage. La jeune fille est une adolescente, sans doute née après 1905.

La première Guerre Mondiale est terminée depuis 4 ans. Grand centre industriel et économique d’Allemagne, Mannheim est quasiment détruite après 1918. En 1922, la France occupe la rive gauche du Rhin, faisant de Mannheim une ville frontière. Cette année-là, la ville s’équipe d’une centrale électrique. Son industrie se relance. La ville se reconstruit.

C’est l’été disent le rai de lumière crue sur le bras droit d’Anny et sa robe en voile de coton blanc, ornée de broderies anglaises. La photo est prise en intérieur, devant un mur de papier peint aux motifs années 20. Si cela avait été en studio, la lumière aurait été uniforme. Anny vit peut-être dans un appartement en ville : les photos en extérieur étaient couramment pratiquées et la possession d’un jardin ou d’un espace vert, un motif de fierté. Si elle en avait eu un , il est probable qu’on l’y aurait photographiée.

Anny est à la mode. Sa coupe au carré est lancée en 1915 par l’actrice américaine Irene Castle. En 1920 elle est tendance. À cette date, les cheveux arrivent à la mâchoire. Coupé à hauteur des oreilles, on parle de carré  » à la garçonne « . La nuque dégagée est considérée comme érotique. Celle d’Anny est couverte… Cependant, elle porte un large chapeau à bords plats assez masculin hispanisant, comme celui de Zoro dans la série éponyme, tandis que la mode est plutôt aux chapeaux cloches. Anny assume un style qui lui va bien et met son jeune visage en valeur. Toutefois, elle respecte les convenances avec sa robe plus conventionnelle dont l’encolure est raisonnable.

Mais qui est le photographe ? Impossible à savoir exactement. Pour autant il s’agit d’un proche, Anny est détendue. Cette personne est habituée à l’exercice : le cadrage est équilibré et l’angle de prise de vue, flatteur. Anny semble perdue dans ses pensées, attendant patiemment que le photographe prenne le cliché. L’angle formé par ses bras indiquent qu’elle est assise. Combien y-a-t-il eu d’essais ?

Quand la photo a été prise ? On peut supposer au retour d’un passage chez le coiffeur, comme souvent quand nous changeons de coiffure. Anny aurait-elle sacrifié de longues nattes ?

Tout le reste est un mystère.

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